GUSTAVE DRON (1856-1930)

Député-maire de Tourcoing, sénateur du Nord

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Troisième partie - Chapitre 7 - Paragraphe 12/12

Chevalier de la Légion d’Honneur

Nous pouvons donc imaginer quelles épreuves attendent les hommes de la reconstruction. Les militaires avaient terminé leur “oeuvre” de destruction, il revenait aux civils d’en effacer les traces béantes.

GUSTAVE DRON n’est libéré que le 9 novembre 1918, après six mois de captivité. D’une ville qu’il avait essayé de tirer de sa ruralité, qu’il avait doté d’institutions remarquables, pour laquelle il avait sacrifié tant d’années, il ne restait plus grand-chose. Peut-être est-ce devant de gâchis monumental, et après avoir subit quatre longues années d’occupation que le maire se sentit si fatigué, si las. La mort de sa compagne, sa défaite électorale de 1914 liée à la montée du socialisme et les problèmes qu’il lui pose, enfin cette occupation terrible et ces mois de captivité, semblent avoir abattu son énergie. De telles épreuves en auraient brisé plus d’un. Comment ne pas comprendre qu’il désire se retirer dès 1919 de la vie publique ? Comment ne pas comprendre qu’il ne s’est pas senti la force de recommencer et qu’il ait préféré laisser la place à de plus jeunes que lui ?

Durant ces quatre années, il est resté à son poste, et n’a pas cherché à quitter la ville quand il en était encore temps. On disait de lui qu’il avait préféré rester là où la tâche était la plus lourde sans profiter de son mandat sénatorial pour se mettre à l’abri. Son attitude durant ces temps difficiles, tout autant que ses oeuvres réalisées depuis le début de sa carrière, lui valurent, outre la médaille belge de Commandeur de l’Ordre de Léopold, la Légion d’Honneur. [1] Récompense suprême pour ceux qui ont mérité de la République. Cette IIIème République si attachée à la valeur symbolique de ses citations et décorations, toujours prompte à distribuer ses plus hautes distinctions à ses enfants méritants :

« Au cours de l’occupation, M. DRON s’est signalé par sa vaillante résistance aux exigences de l’ennemi. En butte aux vexations d’un Commandant brutal, il a subi de nombreuses perquisitions tant à la mairie qu’à son domicile particulier. Il n’a cessé de protester contre les mesures iniques imposées par les Allemands aux habitants des régions occupées et notamment contre les évacuations forcées, les mauvais traitements infligés aux hommes contraints au travail et la saisie des cuivres [2] ».


[1Le document de présentation de la Légion d’Honneur n’est pas daté. Nous pouvons cependant en déduire selon les indications fournies qu’elle fut rédigée entre décembre 1918 et octobre 1919.

[2Arch. Dép. du Nord, série F des Légions d’Honneur.

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Dans ce chapitre :


gustave DRON

Mémoire de Maîtrise en histoire contemporaine politique
de l’Université de Lille 3.
Octobre 1988

auteur

Bruno SIMON

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