GUSTAVE DRON (1856-1930)

Député-maire de Tourcoing, sénateur du Nord

Derniers bonheur, parties de cartes - Carte postale début 20e - Collection privée Acheré - Dépôt Lille 3 IRHIS
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Troisième partie - Chapitre 9 - Paragraphe 7/15

Une activité parlementaire faiblissante

C’est dans la seconde moitié du mois de juin 1927 qu’il prend part pour la dernière fois de manière conséquente aux débats de la Haute Assemblée, sur un sujet répondant très précisément à ses compétences, les assurances sociales.

Il retrace brièvement la longue et difficile naissance du droit des citoyens à l’assistance sociale : la loi d’avril 1893 qui instaure l’assistance médicale gratuite, à domicile ou en centre hospitalier, aux personnes dénuées et inscrites sur les listes des Bureaux de Bienfaisance a été étendue en1905 aux vieillards, infirmes, et incurables.

Il remet en mémoire les causes de l’échec relatif de la loi de 1910 sur les retraites ouvrières, à savoir le mécontentement des patrons qui n’y virent que bien des tracasseries administratives et bureaucratiques supplémentaires, et celui des ouvriers qui n’admirent pas le principe du prélèvement sur les salaires. Faisant remarquer que la Belgique y a eu recours deux ans auparavant, il avance que la fusion des oeuvres d’assistance publique sociale des hospices et des bureaux de bienfaisance s’impose d’elle-même.

La question de l’assurance médicale partage la Fédération des Syndicats Médicaux entre ceux qui acceptent le principe du tiers payant pour les assurés (par les caisses mutualistes) et ceux qui préfèrent recevoir les honoraires des malades eux-mêmes. Car la légifération sur l’assistance sociale et médicale inquiète bon nombre de praticiens du corps médical, en particulier dans le Nord, qui refusent une « médecine administrative, superficielle, médiocre » qui serait « la fin d’une profession libérale » :

« Nous voulons le libre choix du médecin par l’assuré, le respect du secret professionnel, le rejet de tout forfait, l’entente directe du médecin et de l’assuré sans interposition du tiers payant, et le paiement des honoraires à la visite. »

DRON leur répond :

« Tout cela, tout ce qu’ils demandent, nous leur accordons, sauf que nous ne prenons pas l’initiative qu’ils voudraient nous voir prendre, d’interdire le tiers payant ».

Médecin, il est à même de convaincre ses pairs du corps médical interparlementaire de ses bonnes intentions :

« (...) le système proposé par la Fédération Nationale réunit dans une synthèse harmonieuse les intérêts légitimes des assujettis, les possibilités pécuniaires des caisses et le respect de la charte professionnelle hors de laquelle il ne saurait y avoir de sécurité pour les malades ni de dignité pour les médecins (...)
J’ai peut-être occupé la tribune pendant trop longtemps ... (dénégations)... mais il importait de sortir des généralités pour éclairer dès maintenant les discussions qui vont se produire à propos des articles sur des points de première importance. Ce sont des jalons qui nous feront découvrir la voie à suivre ; et je vous remercie de votre bienveillante attention. (Vifs applaudissements. - L’orateur, en regagnant sa place, reçoit les félicitations d’un grand nombre de ses collègues) ».

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Dans ce chapitre :


gustave DRON

Mémoire de Maîtrise en histoire contemporaine politique
de l’Université de Lille 3.
Octobre 1988

auteur

Bruno SIMON

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