GUSTAVE DRON (1856-1930)

Député-maire de Tourcoing, sénateur du Nord

Derniers bonheur, parties de cartes - Carte postale début 20e - Collection privée Acheré - Dépôt Lille 3 IRHIS
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Troisième partie - Chapitre 9 - Paragraphe 8/15

Relations tendues avec les socialistes du Conseil

À Tourcoing, les choses ne vont pas aussi bien. Les frictions avec les socialistes du Conseil Municipal se font de plus en plus fréquentes. Le 7 octobre, INGHELS se déclare, lui est les siens, « las de voir un seul homme penser pour tout le Conseil Municipal ».

Le 23 décembre, DRON fait voter de justesse, 19 voix contre 16, le huis-clos et le débat en comité restreint de son rapport sur le statut des fonctionnaires municipaux. Les seize socialistes, adjoints et conseillers, quittent la salle des séances en claquant la porte.

Le même mois, il se voit entraîné dans la querelle du cimetière militaire, par un son adjoint socialiste VANDERMARLIÈRE. Ce dernier, chargé des cimetières, avait en effet décidé en juin dernier, et d’accord avec l’assemblée municipale, d’uniformiser toutes les stèles. L’Union Nationale des Combattants déplore l’absence de symboles religieux, même de la plus simple croix. Le 30 décembre, le maire -qui pour une fois soutient les socialistes- et le Conseil Municipal votent favorablement le projet de VANDERMARLIÈRE.

L’affaire rebondit le 10 janvier 1928 au matin quand la population découvre sur ses murs des affiches de la Fédération des Combattants :

« Le Maire et son Conseil Municipal ont décidé de placer des stèles au cimetière militaire. C’est bien, mais ils ont aussi voté :

1° - de supprimer les croix et témoignages d’affection déposés devant les tombes ;

2° - de faire enlever, à l’avenir, les insignes que les familles placeront sur les tombes des combattants au cimetière militaire ;

Ceci pour le mauvais prétexte que ces insignes nuisent à l’esthétique du cimetière. Les combattants, au nom de la justice, de la tolérance, du respect dû à toutes les convictions, protestent et avertissent le maire qu’ils lui interdisent de mettre la main sur ces insignes (...) ».

Appelant toutes les bonnes volontés à s’opposer à la décision de DRON et ses conseillers, certains parmi les plus passionnés se sentent autorisés à revêtir de goudron, durant la nuit, la façade de sa maison, 18 rue des Piats. La Fédération des Combattants, cependant, loin de revendiquer cet acte, le désapprouve publiquement. Par la suite, ce sont les veuves et orphelins regroupés qui écrivent à DRON pour lui proposer un compromis ; auront des croix de pierre uniformisées celles des tombes dont les familles en auront fait le voeux.

Puis l’abbé ACHILLE LIÉNART, nouveau curé-doyen de Saint-Christophe depuis 1926, et qui n’a rien de commun avec ses prédécesseurs combatifs et intransigeants, écrit à son tour à l’intention du maire. DRON, qui observait depuis le début de cette affaire un mutisme significatif, ne peut plus refuser la conciliation raisonnable avec de tels partenaires qui refusent le fanatisme. À la séance du 13 mars, il déclare :

« Dans cette affaire exagérément grossie à des fins politiques, un accord est certainement possible. Les modalités pourront en être fixées lorsque le modèle définitif des stèles aura été soumis à l’administration ».

Le même jour, il dit avoir pris la décision d’achever la construction du monument aux morts de Tourcoing, qu’un comité privé a commencé quelques années plus tôt et n’a pu réaliser. Et il décide de crédits supplémentaires pour l’installation de l’inhalatorium à l’hôpital de la rue de l’Yser, un de ses vieux projets de 1921 dans le cadre du Dispensaire d’Hygiène Sociale. C’en est trop pour INGHELS qui apostrophe le sénateur-maire :

« (...) les Hospices sont un gouffre, la Commission administrative des Hospices, c’est vous ! On veut du nouveau pour la visite d’HERRIOT en octobre (...) l’argent des contribuables doit être ménagé ! (...) ».

Mais les vingt radicaux votent le budget contre les seize socialistes. En signe de mécontentement, ces derniers refusent leur participation à la remise des médailles du Travail du 1er mai. À la grande désapprobation du vieux radical, que nous savons désormais attaché à ce genre de manifestation.

Lors de la séance du 8 juin, il parvient à faire voter son projet d’emprunts pour la réalisation du plan d’aménagement de Tourcoing. Cette fois son collègue radical, EDMOND SALEMBIEN, ne le suit pas et se joint à l’opposition des socialistes qui veulent donner priorité aux écoles en général et au boulevard industriel en particulier, dont les travaux ont été entamés bien des années auparavant et semblent bloqués. Mais une fois de plus, le Conseil se scinde en deux clans opposés qui font bloc. Et les radicaux ont toujours une, deux ou trois voix d’avance...

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Dans ce chapitre :


gustave DRON

Mémoire de Maîtrise en histoire contemporaine politique
de l’Université de Lille 3.
Octobre 1988

auteur

Bruno SIMON

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