GUSTAVE DRON (1856-1930)

Député-maire de Tourcoing, sénateur du Nord

Derniers bonheur, parties de cartes - Carte postale début 20e - Collection privée Acheré - Dépôt Lille 3 IRHIS

Troisième partie - Chapitre 9 - Paragraphe 14/15

Un héritage trop lourd

Sa mort est intervenue dans un moment de tension sociale avec la grève générale du textile. Elle déclenche des tensions politiques. Le vieux chef de la Solidarité disparu, celle-ci s’effondre. JACQUES NAERT, lui aussi docteur en médecine, tête de liste n’a ni le charisme ni la popularité de son prédécesseur. La division des radicaux, déjà affirmée est désormais complète. Ce sont sept listes différentes qui se présentent pour la succession.

Quand Alexandre le Grand mourut, les diadoques se querellèrent et se partagèrent son héritage, devait écrire allusivement le “Journal de Roubaix”. Le scénario est par trop classique.

DRON ne voulait pas de ces querelle, il les regrettait. Car elles ne pouvaient profiter qu’à ses adversaires. Et ici, la leçon sera payante ; c’est à cause de la déchirure entre les radicaux que la municipalité passera aux mains du socialiste INGHELS. Celui-ci avait été si souvent l’adversaire de DRON au premier tour des élections et son allié au second, son adversaire dans la gestion municipale, son allié dans la lutte pour la classe ouvrière. Ironie de l’histoire ou justice immanente, il lui reviendrait de prendre les rênes de la municipalité qu’il avait sinon de droit, au moins de fait méritées.

DRON, par son testament, pour l’exécution duquel il avait désigné son ami EUGÈNE ROBAEYS [1], receveur des Hospices et du Bureau de Bienfaisance, désirait ardemment la continuation de son oeuvre :

« Je désire que la maison 18, rue des Piats, devienne un foyer civique où continuera à s’affirmer l’esprit laïque, démocratique et généreux, qui a vivifié la fédération de nos oeuvres : Sauvegarde des Nourrissons, Dames Charitables, Union Post-Scolaire et Dispensaire. Mais comme cette fédération virtuelle n’a pas de caractère juridique lui permettant de recevoir un legs, c’est à l’association des Dames Charitables, (...) dirigée par Mme URBAIN-ROBBE, que je lègue cette maison qu’elle utilisera de son mieux pour affirmer l’esprit, la vitalité et la solidarité de nos oeuvres d’hygiène sociale et en accord avec celles-ci.  ».

Et aussi laisser trace de son passage ... :

« (...) 20.000 francs pour mes amis de toujours de l’Hospice dont le viager servirait partie pour chaque année à rappeler par l’organisation d’un régal ou d’une petite fête, le souvenir de la famille DRON-LELOIR. ».


[1En cas de carence de celui-ci, ses amis PIERRE DEBORGHER et Mme URBAIN-ROBBE étaient désignés pour choisir un autre exécuteur testamentaire.

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Dans ce chapitre :


gustave DRON

Mémoire de Maîtrise en histoire contemporaine politique
de l’Université de Lille 3.
Octobre 1988

auteur

Bruno SIMON

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