GUSTAVE DRON (1856-1930)

Député-maire de Tourcoing, sénateur du Nord

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Seconde partie - Chapitre 4 - Paragraphe 1/14

Le premier maire radical de Tourcoing

Le décès de VICTOR HASSEBROUCQ entraîne des élections municipales partielles qui se déroulent lors du 29 octobre 1899. Les républicains présentent les personnalités suivantes : PAUL MASSARD, FRANÇOIS ORELIO, GUSTAVE SCALBERT, PAUL MARTIN, ERNEST SAISON ET PIERRE PARSY. Ce dernier deviendra l’ami personnel de DRON. Les socialistes présentent VICTOR CAPART, JOSEPH VOLT, DELPHIN DUMORTIER, AUGUSTE CAPELLE, FLEURY DELEPAUT et ALBERT DELESALLE.

Quant à la droite, elle ne participe pas et lance le mot d’ordre de l’abstention, qui est suivi par 4.492 électeurs sur 14.342. Les 9.850 participants départagent donc socialistes et républicains, qui l’emmènent aisément. Le plus favorisé de la liste républicaine, GUSTAVE SCALBERT, obtient 5.792 voix, celui de la liste socialiste, DELPHIN DUMORTIER seulement 3.408. C’est-à-dire moins que les derniers de la liste républicaine, FRANÇOIS ORELIO et ERNEST SAISON, 3.604 voix.

Puis le 3 novembre, le Conseil municipal élit DRON maire de Tourcoing, par 29 voix sur 30 votants et 6 abstentionnistes.

Enfin, les élections municipales générales du 6 mai 1900 confirment DRON à la tête de l’administration de la ville. Sur la liste de la “Solidarité Républicaine” figurent cette fois des noms de socialistes, JEAN-BAPTISTE DECAVELLE, ALFRED ROMPTEAU, FLORENT VOOGT, et surtout DELPHIN DUMORTIER. Avec une moyenne de 8.000 suffrages par nom, elle écrase la liste conservatrice, “Union Sociale et Patriotique”, menée par LÉON MONNIER, CHARLES HERBEAUX, fabricants de tapis, VICTOR SANT, HILAIRE BINET, qui ne compte qu’une moyenne de 4.000 suffrages par nom. Sont nommés adjoints MM. ÉMILE LECOMPTE, LÉON SALEMBIEN, VICTOR FLAMENT et AUGUSTE DUCOULOMBIER [1]. C’est ici que commence pour notre député-maire un “règne” qui va durer un quart de siècle.

DRON ne reste pas insensible à la misère, sinon la grande pauvreté du monde ouvrier. Nous avons déjà vu son action globale de 1889 à 1899 à la Chambre des députés où il se fait le défenseur des ouvriers. Cependant, son caractère autoritaire, son sentiment d’agir avec conscience, lui font prendre en grippe les débordements ouvriers, même s’il les comprend. N’oublions pas l’aversion naturelle des radicaux envers la révolution des masses mise en avant par les idéologies collectivistes. Sa position est délicate. Désireux d’améliorer le sort des plus démunis, il s’oppose aux intérêts des industriels, et ne voulant pas s’engager dans le sens des options socialistes, il perd en conséquent autant de voix ouvrières qui se reportent sur les leaders de gauche.

Remarquons cependant qu’il fit longtemps triompher la cause du radicalisme à Tourcoing, alors que le Nord ne fut jamais à proprement parler un fief radical, mais plutôt socialiste, puis plus tard communiste.

Sa position, il la définit lui-même lors de l’un de ses premiers discours en tant que maire de la ville, en novembre 1901, lors de l’inauguration au nouveau cimetière [2] d’un monument aux victimes du travail :

« Entre les revendications des uns, qui réclament une plus large place au soleil, plus de bien-être, et les résistances des autres qui invoquent les difficultés présentes et les nécessités de la concurrence internationale, une transaction équitable et humaine ne s’impose-t-elle pas ? Est-ce que de part et d’autre, on ne s’ingéniera pas à se faire rencontrer les bonnes volontés ? Est-ce qu’on ne se donnera pas la main pour tendre à cet idéal de fraternité humaine qui doit être celui de tous les bons citoyens ? »


[1Arch. Mun. de Tourcoing, série D1A, doc. 45.241.

[2C’est depuis le 12 mars 1897 qu’est installé dans l’actuelle rue du Roitelet le “nouveau” cimetière, dans le quartier de la Bourgogne. L’ancien cimetière se trouvait à l’emplacement de l’actuel parc Clémenceau.

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Dans ce chapitre :


gustave DRON

Mémoire de Maîtrise en histoire contemporaine politique
de l’Université de Lille 3.
Octobre 1988

auteur

Bruno SIMON

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