GUSTAVE DRON (1856-1930)

Député-maire de Tourcoing, sénateur du Nord

Seconde partie - Chapitre 4 - Paragraphe 11/14

Contre le péril socialiste

Aux législatives du printemps 1910, ALBERT INGHELS pose à nouveau sa candidature et mène une vigoureuse campagne contre DRON. Les résultats du premier tour du 24 avril confirment la montée socialiste : INGHELS arrache en effet 24% des voix tourquennoises, ce qui ne suffit cependant pas pour se maintenir au second tour. Le 8 mai, le candidat commun des deux listes de droite “Action Libérale Populaire” et “Union Sociale et Patriotique”, LOUIS FLIPO, ne recueille que 8.819 voix, contre 10.484 pour DRON. Sa longue succession de victoires électorales, ainsi que ses nombreuses interventions remarquées lui valent d’être élu vice-président de la Chambre pour toute la durée de ce dernier mandat parlementaire. Il reste membre de la Commission des mines et entre à celle des octrois.

Déjà obligé de se battre contre une droite intolérante à son égard, la percée socialiste désormais irréversible le rend de plus en plus amer. Il n’a jamais su partager les responsabilités et le pouvoir. De plus, connaissant sa propre valeur et son action en faveur des plus démunis, rendu plus confiant par sa longue carrière de premier magistrat de la ville et par ses nombreuses réélections, il supporte de moins en moins les critiques justifiées et les calomnies outrancières. Que celles-ci proviennent des milieux sociaux supérieurs qui soutiennent la réaction, ou de socialistes, elles blessent son amour-propre et aiguisent sa susceptibilité. Que les ouvriers se tournent vers le collectivisme, il le ressent comme une ingratitude, une atteinte personnelle à son oeuvre sociale réformiste dont ils bénéficient, et le rend d’autant plus intraitable à l’égard de la gauche.

Il travaille seul, de plus en plus imperméable à la contradiction, se méfiant même de ses collaborateurs et amis. Ainsi, le 20 octobre 1910, plusieurs de ses conseillers se plaignent de n’avoir aucun rôle dans les commissions où ils sont délégués ! Cet incident fait suite au précédent qui eut lieu le 8 septembre 1905 : dix-huit conseillers, socialistes [1] et radicaux [2] avaient refusé de délibérer en signe de protestation, accusant le député-maire de décider de toutes les affaires en réunions officieuses. Les années 1911 et 1912 ne lui apportent encore que de plus grandes déceptions et douleurs.


[1Dont DELPHIN DUMORTIER et HENRI QUIVRON, tous deux affiliés à la SFIO.

[2Dont DÉSIRÉ SIX, GUSTAVE SCALBERT, ERNEST SAISON, HENRI MASUREL.

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Dans ce chapitre :


gustave DRON

Mémoire de Maîtrise en histoire contemporaine politique
de l’Université de Lille 3.
Octobre 1988

auteur

Bruno SIMON

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