GUSTAVE DRON (1856-1930)

Député-maire de Tourcoing, sénateur du Nord

Seconde partie - Chapitre 4 - Paragraphe 14/14

Victoire du socialisme

Aux élections législatives de 1914, la droite, dans son obstination à faire vaciller DRON coûte que coûte, donne ordre à quelques-uns de ses électeurs de voter pour le candidat socialiste INGHELS. L’inflation artificielle des suffrages socialistes devant donner à INGHELS l’avantage sur DRON, afin de lui interdire de se présenter au second tour. La tactique donne satisfaction à l’issue du premier tour :

Voix :
Albert INGHELS 7.802
Gustave DRON 7.572
Antoine SALVETTI 5.993

Au second tour, après que DRON se soit désisté pour INGHELS, la droite recommande bien évidemment à tous ses électeurs de soutenir cette fois son candidat, ANTOINE SALVETTI, nationaliste notoire de l’ALP, partisan de DEROULEDE. Elle espère que les radicaux, par peur du collectivisme, se retourneront vers le conservateur pour barrer la route au socialiste.

Mais 1.213 radicaux préfèrent s’abstenir plutôt que de choisir le bouillant SALVETTI. Si ce dernier récupère 3.034 voix que perd INGHELS, celui-ci en reçoit plus de 5.000 des radicaux ! Les socialistes en bloc, rejoints par la majorité des radicaux et radicaux-socialistes, ont fait triompher INGHELS :

Voix :
Albert INGHELS 10.525
Antoine SALVETTI 9.029

Ironie du sort, la droite a contribué à la victoire de son plus mortel ennemi, le socialisme, dans le dessein de déboulonner DRON de son siège parlementaire. Maigre consolation pour elle, le député sortant GROUSSEAU, que nous retrouverons dans les grandes luttes religieuses de Tourcoing, mis en ballotage au premier tour, est réélu au second avec une mince majorité de 600 voix.

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Dans ce chapitre :


gustave DRON

Mémoire de Maîtrise en histoire contemporaine politique
de l’Université de Lille 3.
Octobre 1988

auteur

Bruno SIMON

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