GUSTAVE DRON (1856-1930)

Député-maire de Tourcoing, sénateur du Nord

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Seconde partie - Chapitre 5 - Paragraphe 7/10

La séparation de l’Église et de l’État

Si l’on exclut le cataclysme de la Grande Guerre, les inventaires de mars 1906 furent, après les diverses grèves ouvrières, les événements qui marquèrent le plus l’histoire de Tourcoing.

La lutte contre les congrégations bouclée par la loi du 7 juillet 1904, la majorité parlementaire républicaine s’attaque alors au Concordat pour réaliser la séparation de l’Église et de l’État. La Chambre met à l’ordre du jour en mars 1905 le projet de loi rapporté par ARISTIDE BRIAND, qui aboutira à la loi du dimanche 9 décembre 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État. Rappelons rapidement qu’étaient déclarées propriétés de l’État les biens des églises qui ne se soumettaient pas. Elles ne se soumirent pas et résistèrent avec l’ordre et la bénédiction du Saint-Siège.

On procéda donc à l’inventaire de ces biens, et à Tourcoing, ce fut au cours de trois journées tumultueuses, décrites par un partisan de CONSTANT GROUSSEAU et ÉMILE BARROIS, GABRIEL DELACROIX, catholique conservateur qui écrit dans la “Croix du Nord”. Son opuscule daté du 6 avril 1906 [1] ne ménage guère DRON :

« La loi maudite est un long travail préparé par la Franc-Maçonnerie et établi par les députés du Bloc. ». Alors que CONSTANT GROUSSEAU y est décrit en « héros défenseur de la liberté à la Chambre » , GUSTAVE DRON est « muet comme une carpe pendant tous les débats, d’une nullité politique désespérante ». De plus, « il a voté des deux mains et les yeux fermés la loi maudite, il a mis au service de l’odieuse Franc-Maçonnerie, dont il est le plat valet au service du mensonge, de l’injustice, du vol et de l’iniquité, à l’oeuvre de déchristianisation de la France et de l’asservissement de l’Église, la haine aveugle, la passion froide et calculée, l’imposture et la fourberie du sectaire. ».

Il faut préciser que les inventaires sont la conséquence de la condamnation par Rome de la susdite loi, alors que l’épiscopat français était prêt à accepter une séparation loyale. Seule une minorité “d’évêques batailleurs” vont pousser au conflit ouvert. Comme dans la région Nord, et tout particulièrement à Tourcoing, cette ville “citadelle de la religion”, où le clergé est plutôt combatif.

Attaché à l’anticléricalisme républicain, DRON ne pouvait avoir la tâche facile face à l’opposition des notables catholiques qui lui avaient demandé de ne pas voter « une loi qui serait un ferment de désordre pour la cité ». Il vota cependant la loi avec l’ensemble de la gauche et la majorité des radicaux ou républicains anticléricaux, bien que les mesures anticléricales ne soient pas très populaires dans le Nord, exception faite des grands centres urbains qui sont à la fois des foyers d’intégrisme et d’irréligion. Les trois-quarts des petites et moyennes municipalités de la région ont toujours été favorables à l’autorisation des congrégations.


[1Le premier acte de la “Loi Maudite” à Tourcoing.

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Dans ce chapitre :


gustave DRON

Mémoire de Maîtrise en histoire contemporaine politique
de l’Université de Lille 3.
Octobre 1988

auteur

Bruno SIMON

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