GUSTAVE DRON (1856-1930)

Député-maire de Tourcoing, sénateur du Nord

La nouvelle gare de Tourcoing en construction - E.C. - Médiathèque municipale de Tourcoing
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Première partie - Chapitre 1 - Paragraphe 3/10

Un représentant typique des “couches nouvelles”

Le mot est resté, depuis cette formule assez vague finalement, que prononça LÉON GAMBETTA dans l’un de ses discours. Il annonçait « la venue et la présence dans la politique d’une couche sociale nouvelle ». Ainsi, ces classes moyennes - et ce terme n’est guère plus explicite - entrent dans le jeu politique face à l’ancienne bourgeoisie, épanouies par le suffrage universel. Mais qui sont les hommes de ces classes moyennes ?

Tout d’abord comptons parmi eux les artisans et les petits commerçants qui ont toujours formé le gros de la petite bourgeoisie. Ils seront les enfants chéris de la République ; d’autant plus protégés par la loi républicaine qu’ils sont les élus de " l’individualisme triomphant" qui colle si bien à l’idéologie du régime.

Puis citons une autre catégorie ancienne, celle des rentiers et des propriétaires, aussi nombreux vers 1880 que les hommes des professions libérales. Oisifs, ils ont le loisir de se consacrer à la politique, au moins au niveau local. Survivants d’un monde d’ancien régime dans une société qui n’est encore que pré-industrielle, la stabilité légendaire du franc germinal les rassure et les nourrit.

Mais s’il y a une classe nouvelle en expansion sous la République, c’est bien celle des fonctionnaires moyens ou subalternes, que l’on peut regrouper dans la classe de la bourgeoisie moyenne salariée qui comprend les ingénieurs, les journalistes, les professeurs et les instituteurs.

Ils représentent « les idées moyennes de la France dans ses pays de petite et moyenne propriété, qui forment la part majeure de la terre française et qui sont imprégnés de l’esprit de la Révolution » [1].

Enfin viennent les professions libérales. Les hommes de loi en forment les gros bataillons : notaires, avoués et surtout avocats [2]. Mais la grande nouveauté sous la IIIe République est la multiplication des « hommes de science », les médecins, les vétérinaires et les pharmaciens.

Remarquons que le nombre de médecins double entre 1875 et 1910 (de 10.000 à 20.000). Hommes d’influence croyant au progrès humain par la science et défendant leur propre promotion, ils préfèrent la Franc-maçonnerie à l’Eglise et la gauche à la notabilité.

GUSTAVE DRON ne correspond-il pas trait pour trait au portrait-robot de cette dernière catégorie ? Coupées du prolétariat par leur niveau de vie, se sentant différentes de la haute bourgeoisie par la modestie de leurs origines sociales, ces classes moyennes forment le noyau de la France républicaine, puis radicale, à l’âge d’or du radicalisme après 1900.


[1ALBERT THIBAUDET. Les idées politiques de la France.

[2Notons au passage que, sous la IIIe République, les avocats furent toujours massivement nombreux à la Chambre des Députés.

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Dans ce chapitre :


gustave DRON

Mémoire de Maîtrise en histoire contemporaine politique
de l’Université de Lille 3.
Octobre 1988

auteur

Bruno SIMON

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