GUSTAVE DRON (1856-1930)

Député-maire de Tourcoing, sénateur du Nord

Bureau de Bienfaisance de Tourcoing - L.L - Médiathèque municipale de Tourcoing

Seconde partie - Chapitre 6 - Paragraphe 14/14

DRON et l’urbanisme

Avant toute chose, il est nécessaire de préciser que les transformations successives de Tourcoing ne furent pas l’oeuvre de GUSTAVE DRON seul. Les travaux étaient commandés par l’augmentation de la population et par le rôle économique de la ville au début du XXe siècle. La municipalité sous VICTOR HASSEBROUCQ avait déjà donné une sérieuse impulsion aux travaux d’agrandissement de la ville et d’aménagement de nouveaux bâtiments municipaux. DRON poursuivit néanmoins l’action de son prédécesseur et nous dressons ici la liste exclusive des réalisations entreprises, achevées et inaugurées par le maire avant la première guerre mondiale.

L’une de ses premières réalisations est le percement du boulevard Descat au travers de l’ancien château de CONSTANTIN DESCAT, maire de Roubaix décédé en 1878. Ce boulevard relie dorénavant la petite excroissance du quartier du Blanc Seau, coincée au sud entre entre Roubaix, Croix, Wasquehal et Mouvaux, au reste de la ville. Il l’inaugura en 1901, au début de sa carrière municipale.

En 1902 fut mise en état de viabilité et pavée la rue du Printemps, où s’ouvriront plus tard la “Sauvegarde des Nourrissons” et les Bains Municipaux.

Toujours en 1902, DRON rachète la salle des concerts de la rue Leverrier qui deviendra à son instigation l’actuel théâtre de Tourcoing [1].

Il fit construire une usine d’électricité par la municipalité qui en eut l’exploitation.

La gare de Tourcoing fut reconstruite deux fois entre 1840 et 1860 avant de présenter la façade actuelle. Achevée en 1905, DRON l’inaugura en grandes pompes. Son extension s’était imposée d’elle-même, Tourcoing exportant son textile en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et même en Russie.

Lorsqu’en février 1900 on commença à démolir l’ancienne mairie de la Grand-Place qui abritait la Chambre et la Bourse du Commerce, il fut nécessaire de décider de l’érection d’un nouveau bâtiment à leur usage. Ce qui fut fait en 1902 [2]. En 1906, le Conseil municipal inaugura l’édifice qui comprenait en outre la Poste. C’est le bâtiment qui regroupe encore de nos jours la Bourse, la Bibliothèque et les Archives municipales.

Quelques mois plus tard, suite à la demande des habitants du quartier, on commence à percer le boulevard qui prendra le nom de l’”Égalité”, parallèle à la rue de Gand, dégageant une large voie d’accès du centre ville vers le nouveau cimetière du Roitelet.

Le boulevard de ceinture fut décidé en 1897. Il était une idée du docteur DEWYN, qui mourut en 1905, quelque temps après que DRON ait fait admettre le projet. Cette artère périphérique et primordiale pour l’industrie tourquennoise boucle la ville de nord-est au nord-ouest sur six kilomètres de longueur.

En 1908, le terrain vague sur lequel se dressait autrefois l’ancienne église Saint-Jacques, à l’intersection des rues de Gand et de Menin, fut destiné à recevoir le gymnase municipal [3].

La même année fut construit le grand stand de tir à l’arme de guerre, rue de Gand, à deux pas de la ferme de la Bourgogne et du Sanatorium [4]. Il avait pour fonction, entres autres, d’inculquer quelques notions de tir aux appelés. Même si DRON n’était guère favorable à la loi des trois ans, il n’en concevait pas moins que la jeunesse, saine et sportive, devait se prêter aux exigences du service militaire. L’armée, c’était aussi la défense de la République. Il propose en 1911 une loi sur l’assistance des familles privées du soutien de leur fils appelés sous les drapeaux. Par ailleurs, il organise la “Société de Tir National de Tourcoing” dont il sera le Président d’Honneur jusqu’à sa mort.

En ce qui concerne l’aménagement de Tourcoing, DRON ne s’y distingua pas particulièrement. Les oeuvres sociales coûteuses qu’il a mis en place dévoraient une bonne part du budget communal et ne laissaient que peu de moyens pour une grande politique d’urbanisation.


[1DRON dépose un rapport le 27 décembre 1910 au Conseil municipal sur cette question.

[2Arch. Mun. de Tourcoing, série D1A, doc. 52.469.

[3Arch. Mun. de Tourcoing, série D1A, doc. 57.278.

[4Arch. Mun. de Tourcoing, série D1A, doc. 41.144.

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gustave DRON

Mémoire de Maîtrise en histoire contemporaine politique
de l’Université de Lille 3.
Octobre 1988

auteur

Bruno SIMON

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