GUSTAVE DRON (1856-1930)

Député-maire de Tourcoing, sénateur du Nord

Troisième partie - Chapitre 7 - Paragraphe 11/12

La fin d’un martyre

Pendant ce temps, dans la ville privée de son premier magistrat, la bonne nouvelle de la retraite allemande du Mont Kemmel se répand comme une traînée de poudre le 1er septembre. Le mois suivant, le 2 octobre, le gros des troupes évacue Tourcoing. Le 15 octobre, le commandant VON TESSIN et son aide de camp partent à leur tour. Pendant deux jours, les derniers éléments du génie font sauter les ponts du Halot, de l’Espierre et le pont hydraulique du Canal, sans oublier les passerelles du chemin de fer des boulevards de la Marne et Gambetta. Ils achèvent leur besogne de destruction au sud quand les premiers cyclistes britanniques arrivent en reconnaissance au nord-ouest, par la rue du Brun-Pain, le 17 octobre.

Puis les événements se succèdent rapidement. Le président du Conseil et ministre de la Guerre, GEORGES CLÉMENCEAU, suivant la progression de troupes, arrive à Tourcoing accompagné du préfet du Nord Armand NAUDIN. Reçu à l’Hôtel de Ville par le conseiller municipal LOUIS VANDEVENNE, qui remplace DRON encore en captivité, il y tient un discours en fin de matinée, quasiment à l’improviste. Le lendemain, c’est le président de la République en personne, RAYMOND POINCARÉ, qui honore la ville de sa présence. Dans son discours, il laisse entendre que l’ennemi règlera ses comptes. « L’Allemagne paiera », devait-on dire souvent dans l’entre-deux-guerres.

Illusion aussi trompeuse que celle qui laissa croire à des centaines de milliers de “poilus” qu’ils avaient enduré les pires souffrances imaginables pour enterrer la dernière des guerres. Cette guerre qui laissait pour le moment les régions occupées exsangues, épuisées, dévastées. Tourcoing avait payé sa part de sang : 2.529 de ses fils étaient morts sous l’uniforme, en “héros et pour la patrie”, sans compter les 158 victimes civiles. Il faudra attendre neuf ans pour que la ville, avec environ 82.500 habitants en 1927, retrouve son niveau de population de 1914.

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gustave DRON

Mémoire de Maîtrise en histoire contemporaine politique
de l’Université de Lille 3.
Octobre 1988

auteur

Bruno SIMON

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